Manipuler des groupes, influencer la prise de décision stratégique, et interagir avec un groupe : voilà un rêve devenu réalité pour une équipe de chercheurs suisses et belges.

Ils ont réalisé le scénario parfait en intégrant dans des colonies de cafards, des petits robots.
Objectif : contrôler le comportement du groupe d'insectes. Et le résultat de ce test expérimental montre que grâce au processus de décision collective, quelques robots autonomes on pu influencer le choix d'abri des colonies d'insectes. Et voilà, nous y sommes.
La frontière entre humains et droïdes s’estompe peu à peu. Mais revenons aux cafards. Comment un tel processus a-t-il été possible ?
Des biologistes belges de l'Université Libre de Bruxelles ont étudié les canaux de communication entre les cafards. Et ils ont trouvé comment les cafards se reconnaissent entre eux. D’abord par l’odeur ensuite par leur temps d’arrêt lorsqu’ils rencontrent des congénères. De leur coté les suisses de l’école polytechnique fédérale de Lausanne ont modélisé mathématiquement la dynamique de ce groupe d’insectes.
Des scientifiques ont ensuite fabriqué des robots dont la taille est similaire à celle des cafards mais dont la forme est différente. Ces robots étaient recouverts d'un épiderme qui imite celui des vrais cafards, disposaient de capteurs et étaient badigeonnés de parfum de cancrelat. Les pièces du puzzle sont en place.
La programmation commence. Ces cafards droïdes ont été programmés pour agir et réagir dans leur environnement immédiat. Dans cette expérience, les robots et les cafards ont décidé ensemble du choix de l'abri. Les robots ont contrôlé le processus de décision collective qui a produit un comportement de groupe. Les robots avaient fait le choix d'un abri inhabituel et inapproprié pour les cafards, car très lumineux, un comportement qui n'a jamais été observé dans des colonies de cafards sans robot.Ce projet est le fruit d’un projet européen baptisé, ça ne s’invente pas : « leurre ».